Le Seigneur des Animaux : Le Retour du Baston

Un Tyran pour les gouverner tous,
Un Tyran pour les trouver.
Un Tyran pour les amener tous,
Et dans les ténèbres les lier,
Au Pays du Zen-Môkh-Äl où l’ignoble est Roi.

Dans une contrée lointaine, au-delà des rivières et derrière les montagnes, vivaient les Grand Hommes du Sud sous le joug d’un tyran terrible et rusé. Ses ancêtres avaient bâti leur Empire grâce à la magie maléfique du Zen-Môkh-Äl qui procurait à l’Empereur le pouvoir de maîtriser et de Commander tous les animaux du pays. Ceux-ci se nourrissaient à sa main, qu’ils ne manquaient pas de lécher en signe de soumission. En contrepartie, ils protégeaient le tyran contre les Grands Hommes du Sud : les chiens mordaient, les renards planifiaient et les meutes de loups pillaient en prétendant lever l’impôt. Une fois par an, les animaux renouvelaient leur soumission dans des cérémonies solennelles et médiévales, où la verticalité est un crime de lèse-majesté : La bénédiction qu’ils reçoivent est proportionnelle à l’élasticité de leur colonne vertébrale.

A l’origine, ces animaux furent nés humains, mais ils ont fait le choix spontané de se mettre une laisse autour du cou, se défaire de leur dignité, contre un soupçon de pouvoir et une poignée d’argent. D’autres sont tombés encore plus bas, en d éfendant l’Empereur et ses animaux sans aucune forme de rémunération.

Cette lignée de dictateurs, mi-[o]dieux mi-tyrans, avait réussi à transformer, patiemment, méthodiquement, ce magnifique pays en un (putain de) bordel à ciel ouvert. Leurs seules ambitions étaient la survie de leur couronne et l’expansion de leur fortune. Pendant ce temps, dans les montagnes, les Hommes du Sud mourraient de froid, la misère habitait la rue, et les chiens enragés mordaient ceux qui osaient se lever contre l’injustice impériale.

Un de ces jours mélancoliques d’hiver, un murmure de soulèvement, surgissant de partout et de nulle part, assourdissait le Zen-Môkh-Äl et menaçait sa survie. Le murmure était tel que, si l’on faisait taire une bouche, des dizaines d’autres s’ouvraient, criant désormais leur mécontentement. Surpris, pris de panique, le Makhzen est tombé de déni, prétendant que la Main Invisible de l’Ennemi (une espèce de créature mythologique, ubique, vivant derrière le désert ou après les mers) les guide et les oriente.  Il ne pouvait pas faire appel aux gorilles armés pour abattre les Hommes, comme il a toujours fait. Ses jours étaient désormais comptés, Une lueur d’espoir brillait au fond du tunnel.

Mais les renards, les têtes pensantes de cet empire, ne tardèrent pas à trouver un plan diabolique pour mettre fin à cette rébellion. Ils prétendirent vouloir changer, sincèrement, tout en demandant un délai, une grâce, le temps de s’organiser et de se réformer. Un pacte implicite aurait été établi, selon lequel les Hommes voudraient bien garder à leur tête le Seigneur des Animaux, si celui-ci promettait de repartager ses pouvoirs illimités. Ils lui offraient ainsi une issue honorable et la sauvegarde de ses titres et sa fortune.

Certains des grands Hommes du Sud, un peu bêtes et peut-être naïfs, accordèrent au Tyran la présomption de bonne foi. Il en est ainsi de ceux qui refusent de lire l’Histoire : ne savaient-ils pas que Zen-Môkh-Äl avait déjà trahi leurs ancêtres, qu’il avait même vendu le pays aux étrangers ?

Soudain, probablement rameutés par leur Seigneur, les animaux retrouvèrent leurs instincts primaires, et organisèrent une battue policière pour se venger de ceux-là même qui voulaient racheter leur liberté avec leur propre sang. Ils furent terribles et sanguinaires, mus par une rage et une haine profondes contre les Hommes demeurés libres et dignes. Certains hommes, mi-soumis, mi-cons, et entièrement ridicules, ont soutenu et chanté à la gloire de ces fauves dans un spectacle abject et navrant.

Un jour, le Seigneur comprendra qu’il est impossible, par définition, de gouverner des Hommes sans leur consentement. Il sera peut-être trop tard pour lui.

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À propos de aboulahab

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10 réponses à Le Seigneur des Animaux : Le Retour du Baston

  1. Shifty dit :

    « Fables Sordides ». La chute est un peu trop optimiste…

  2. joy ursula dit :

    4ème paragraphe, 4ème ligne, le makhzen s’est faufilé

  3. Citoyen dit :

    Un régal ce conte métaphorique !

    Voici un autre petit conte qu’on pourra bien adapter à l’Empire de Zen-Môkh-Älde du Seigneur des animaux !

    Le Flutiste de Hamelin…

    Il était une fois, il y a bien longtemps, une ville d’Allemagne du nom de Hamelin [...] Ses habitants avaient tout pour y vivre heureux et la joie et la paix régnaient dans la cité.

    Un jour cependant, ou plutôt une nuit, une drôle de chose se produisit. Des rats, venus d’on ne sait où, envahirent la ville : il y en avait des centaines, des milliers, des millions peut-être. Et lorsqu’au matin les habitants de Hamelin se réveillèrent, ils durent se rendre à l’évidence : les rats s’étaient infiltrés partout [...] En peu de temps, toute la ville fut infestée.

    Le bourgmestre rassembla les notables et ils envisagèrent les moyens de se débarrasser de cette terrible engeance. Ils firent venir des chats, qui se lancèrent à la poursuite des rongeurs. Ils disposèrent des pièges et des souricières. Ils semaient de la mort-aux-rats et des grains empoisonnés. Peine perdue, rien n’y fit. Le fléau persistait, et les rats se multipliaient.

    Un beau jour, un troubadour passa la porte de la ville. Il était maigre, tout de vert vêtu et il portait une besaces en bandoulière. Il se présenta à l’hôtel de ville où il demanda à parler au bourgmestre. Celui-ci le regarda d’abord d’un air soupçonneux. Mais lorsque le jeune homme lui annonça qu’il pouvait, à lui seul, débarrasser la ville de tous les rats, il le considéra d’un tout autre œil.

    – Comment, vous pourriez faire cela ? Et tout seul ?
    – Parfaitement. Mais pour ce travail, je veux recevoir mille écus d’or.
    – Si vous réussissez, c’est un million qu’il faudra vous donner ! s’exclama le bourgmestre.
    – Mille écus suffiront, dit l’étranger. Faites-les préparer. Je passerai les prendre dès que les rats auront quitté la ville. Et il redescendit l’escalier, sous les yeux du bourgmestre médusé.

    Puis il se dirigea vers la grande place, sortit une petite flûte de bois noir de sa gibecière, la porta à ses lèvres et commença à jouer… Il en tirait tout en marchant une musique étrange, envoûtante et d’une grande tristesse. A peine avait-il émis quelques sons, que l’on vit arriver, de tous les coins et recoins de la ville, des centaines de rats qui se mirent à trotter derrière le joueur de flûte. [...]
    Le joueur de flûte parcourut ainsi toute la ville. Il passa par toutes les rues, ruelles, impasses, en n’oubliant aucun passage. Enfin, lorsque tous les rats furent rassemblés en un cortège sans fin derrière lui, il prit le chemin de la rivière. Sur le rivage, il s’arrêta, mais il continua à jouer de son instrument, et les rats se précipitèrent dans l’eau. Ils se noyèrent tous jusqu’au dernier. Il n’y avait plus aucun rat dans la ville de Hamelin.

    Alors le mystérieux musicien retourna à l’hôtel de ville pour recevoir ses pièces d’or.
    Mais là, un drôle d’accueil l’attendait.

    -Comment ? Mille pièces d’or ! Pour une petite musique ? s’exclama le bourgmestre. Mais tu es fou, ma parole ! Je peux te donner tout au plus cent écus, et encore, estime-toi heureux!
    – Ce n’est pas ce qui était convenu entre nous, dit le joueur de flûte d’une voix calme. Vous m’aviez promis mille écus …
    – Eh bien, écoute, tu en auras cent. Et c’est bien assez… Maintenant, va-t’en!
    – Puisque c’est ainsi, je ne veux rien, mais vous allez le regretter…

    Il tourna les talons et quitta l’hôtel de ville. Une fois dans la rue, il prit sa flûte et commença à jouer un air joyeux.

    Et cette fois, ce fut tous les enfants de la ville de Hamelin qui le suivirent par les rues et les ruelles. Les petits, les grands, les moins grands… Il en venait de toutes parts, qui se joignaient au cortège, et rien, ni personne ne put retenir un seul enfant.

    Alors le joueur de flûte quitta la ville et tous les enfants le suivirent.

  4. Gilgamesh dit :

    Ce régime des ténèbres est en train de gagner la bataille. Le vent de changement arabe s’essouffle, le clan mafieux syrien redonne de l’espoir aux dictateurs, et la prochaine (lol-)constitution n’aura probablement pas besoin de parenthèses (au lol). En même temps, un mouvement de protestation composé de gauchistes et de barbus ne faisait pas le poids face à un monarque populaire et malin Et ça, on l’avait perçu dès le départ mais on ne voulait pas y croire.

  5. Myla dit :

     » Alors un tremblement agita seuils et portes
    Au pays où la ténébreuse majesté
    Opprime sous sa loi de dure cruauté
    Des exsangues damnés les froides ombres mortes.

    Dans son triple gosier retenant l’aboiement,
    Sous le nouveau rayon de divine lumière,
    Cerbère fit silence; et soudain, toute entière,
    La noire nation soupira lourdement.

    Sous les pays du Seigneur gémissaient les domaines,
    Chaotiques déserts, pics de cendres chenus,
    Indignes de ces yeux du firmament venus,
    Et qu’à nos yeux humains cachent les jaunes plaines.

    Et les chiens de ces vains royaumes, rauque voix,
    Qui le silence autant que l’oreille tourmente,
    Grandissaient la détresse, accroissaient l’épouvante
    Par un concert mêlé de plaintes et d’abois.  »

    Quevedo.

  6. Anonyme dit :

    Le Zen-Mokh-Al ne pourra pas contenir les desirs qui sonnent au plus profond de chacun des gens du sud. Ses malefices, et « zarouata » ne fait qu’emrager les gens « libres ». Les leches bottes, ou mains, ce n’est qu’une difference de degre de courbure de la personne en question, ne peuvent pas contenir l’avalanche du au degel dans les montagnes. Le vent de liberte souffle encore, plus fort que jamais. Le GCC, ou Bahrain, ou Syria ne pourront rien contre. Les langues se sont deliees. Les gens n’ont plus peur comme avant. On sait que le Zen-Mokh-Al n’est qu’un tigre en papier. Tout juste bon a bastonner les pauvres gens. On le craint moins qu’avant. Gadhafi est en train d’etre lache par son Zen-Mokh-Al. Notre Gadhafi local sera balaye tres bientot. Peut etre pas dans l’immediat, mais on sait tres bien ou tout cela va aboutir. On l’a deja vecu dans pas mal d’autres contrees. On sera les prochains sur la liste.

  7. Anonyme dit :

    esperons que ce makhzen de voleurs qui roulent en mercedes, envoient leurs batards d’enfant a l’etranger, et vivent dans le luxe grace aux impots qu’ils osent nous taxer se rendra un jour compte que nous sommes de etres humains, pas des animaux ni de sujets de personne, que nous sommes libres…

    vive le maroc democratique

  8. Yuxx dit :

    Abou Jean de La Flamme ! Aussi bon que la liberté, aussi mauvais que l’esclavagisme.

  9. Anonyme dit :

    Ca ne vaut même pas le temps que tu as passé a écrire ce brulot sans aucun fondement ni réalité historique !

    C’est de la calomnie ou l’on ressent toute la FRUSTRATION et L’AMERTURE d’un homme AIGRI et DECU !

    Oui c’est dommage, vous avez essayé de FAIRE CROIRE que le Maroc était en ebullition alors que ca n’a jamais été le cas !

    Maintenant vous trouverez toujours TOUT à reprocher au « Zen-Mokh-Al » (WOW QUELLE CREATIVITE HORS DU COMMUN) pour pas changer votre discours MONOCORDE depuis le 20 février.

    Le Maroc est bien plus lucide et éveillé que vous ne voulez le croire dans votre tête propagandiste, et l’amour au souverain (qui vous donne la nausée on le voit bien) est bien plus ancré et profond qu’un simple tour de passe passe…

    Vous avez devant vous, pseudo ‘La Fontaine’ plutot ‘l’égout’, de nombreuses années de frustration et de désillusions profondes, alors soyez courageux et prenez votre mal en patience

  10. Jolindien dit :

    C’est le gargarisme de la naiveté, de l’inculture et de la bien-pensance !

    Bravo et continuez a nous amuser svp :)

    n.b : l’attérissage sera brutal pour certains… les colonies de vaccances sont bientot finies, après la new constitution… plus de bruit. ca sera juste un vieux souvenir

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