Lettre à un dragueur

Cher connard,

Je tiens à te prévenir, tu seras probablement heurté par mes propos, toi qui es habitué à raconter tes exploits de dragueur, comment tu as harcelé telle femme qui passait ostensiblement dans la rue, comment tu l’as traitée de péripatéticienne, et puis comment tu l’as giflée parce que cette salope a osé te répondre, ô toi, humanoïde muni de sexe masculin, qui crois que ton phallus te dispense de la bonne conduite qu’exige la vie en société humaine en l’an 2012. 

Je n’aime pas particulièrement les femmes, ou plutôt leur façon de défendre leurs droits les plus évidents. Elles semblent te suggérer, te supplier presque de cesser de les importuner : 3afak sir f7alek ! Personnellement, si j’étais l’heureuse propriétaire d’une paire de seins, j’aurais consacré un budget conséquent à l’achat de bombes lacrymogènes pour arriver à ce que les  politiciens appellent l’équilibre de la terreur. Toi, avec ta connerie et moi, avec mon arme chimique.

Cher connard,

Ton âge peut aller de 15 à 95 ans, tu appartiens à différentes catégories socioprofessionnelles, parfois tu portes même un uniforme orné d’une moustache, celui sensé distinguer les fonctionnaires au service de la tranquillité des citoyens. Cependant, il est très facile de te reconnaître parmi les hordes de chiens crevés par le soleil qui errent dans les ruelles empestées de mauvaises manières ; contrairement aux autres races canines, tu as une sorte de morve qui dégouline abondamment des yeux, lesquels ont usés leurs orbites respectifs à force d’onduler au mouvement des muscles grand glutéal. Tu te poses souvent, dans ton intimité masturbatoire, des questions existentielles concernant le peu d’intérêt que portent à ton égard les jeunes dames que tu n’as cesse de caresser virtuellement. Ne penses-tu pas, un instant, que tes manières sont directement responsables de ta frustration sexuelle ? Think about it

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La pièce à conviction

Cher connard,

Si je t’écris cette lettre aujourd’hui, c’est parce que les femmes de ce pays me les cassent depuis quelque temps. La semaine dernière je parlais à une nana moche (tellement moche que Dieu la punit en la rendant chaque jour un peu plus moche) à propos de la vie, de l’univers et de la pertinence de ses choix esthétiques. Eh bien cette connasse m’a longuement expliqué qu’elle en a marre des harcèlements sexuels dans la rue qui vont souvent jusqu’à l’agression verbale, et parfois, la violence physique. Elle s’est plaint que les hommes de son pays sont des brutes, qu’ils réfléchissent avec leur virilité, et m’a bien entendu rendu responsable de cela par je ne sais quelle coïncidence chromosomatique.

Vois-tu, il y a dans cette histoire un agresseur, c’est-à-dire toi, une moche coupable d’avoir emprunté la voie publique, et une victime des doléances de celle-ci, c’est-à-dire moi-même. Je ne suis donc que trop concerné par ton comportement

J’écoutais Jamila (oui parce qu’elle s’appelle Jamila, ce qui fait d’elle une antinomie vivante). J’écoutais donc Jamila sans intérêt, même feint. Je connais l’histoire par cœur : la semaine dernière, elle portait une jupe, rien de grave, un centimètre au dessus des talons, et là, tu as surgi de nulle part, et comme un hmar, tu as accosté Jamila avec ta Mercedes cent quatre-vingt dix vitres fumées, tu as ralenti toute la circulation derrière, tu as klaxonné, tu lui as lancé une quelconque phrase à la con commençant avec zine, tu as essayé de la persuader de s’arrêter, t’accorder un instant, pour que tu lui expliques, haleine de chacal  à l’appui, que tu voudrais qu’elle te serve d’outil pour soulager ta libido. Or elle t’a ignoré, chose que je comprends parfaitement.

Cher connard,

Nous sommes entre hommes, et voici mon opinion sur ta petite personne : tu es ce qu’on appelle un ch’mata. Un ch’mata – mon pote – renvoie à un être humain s’attaquant à des personnes plus faibles que lui, ce qui réduit bon nombre de nos concitoyens à l’état de sous-rajel.

Mais alors quelles justifications donnes-tu à ta lâcheté ?

Je t’en ai déjà parlé, connard, et tu m’as dit, comme à chaque fois lorsqu’il s’agit de justifier tes conneries, un ensemble de phrases inintelligibles, une sorte de succession aléatoire d’inepties verbales accusant le monde de ne pas obéir à ta logique de merde :

Il s’agit simplement d’une pute. Tu vois ? La salope portait un jean moulant, elle avait clairement envie de se faire défoncer la rondelle … tu sais les femmes, toutes des salopes … quand elle fait mine de refuser, c’est juste pour que tu insistes un peu …  les salopes… Il ne faut pas leur faire confiance … C’est quand elles font les prudes qu’elles sont les plus chaudes … (et caetera, et patati, et khra-khra …)

A cause de tous les bollosses de ton genre, il me devient quasi impossible de draguer. La dernière fois, j’ai accosté une demoiselle dont le parfum emplissait mes narines de béatitude, et ma vision fut par le spectacle divin de sa poitrine éblouie. C’était tout à fait innocent, je voulais simplement lui demander le chemin (à son cœur, allais-je insinuer) lorsqu’elle opposa à ma demande, sans même jeter un coup d’oeil en ma direction, une fin de non-recevoir.  J’ai compris qu’à cause de toi, les femmes de ce pays envisagent désormais avec beaucoup d’inquiétude toute silhouette masculine occupant une parcelle de l’espace public.

Cher connard,

Va te faire foutre.

Cordialement,

A.L.

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Touche pas à mes internets

Il existe un projet de loi aux Etat-Unis qui menace l’existence de ce blog. Les centaines de milliards de lecteurs du CJDM pourraient ainsi être privés, sur un coup de tête d’un agent fédéral bourré au junk food et à la beer à base de pétrole, de l’immense contenu scientifique et pédagogique de cette pièce importante de la chabaka 3ankaboutiya. Le machin s’appelle SOPA (Stop Online Piracy Act)  et selon une légende populaire que je viens d’inventer, il aurait été inspiré à un congressman après un dîner avec des représentants de la DST et une visite guidée dans ses locaux.

Comme beaucoup d’homo sapiens 2.0, je tiens absolument à mes internets : y sont hébergés mes pornos, mes blogs préférés, mes musiques piratés, mon encyclopédie préférée, le journal le plus classe du monde,  mes gags, mes lolcats, ma poubelle, les forums en rose qui débitent les fatwa les plus LOL du monde, mon agence de presse, les éditos de Karim Boukhari, l’insulte la plus longue et la plus classe du monde ainsi que bien d’autres nécessités de la vie et la possibilité qu’un moqaddem du FBI puisse éteindre sans décision de justice un site web me donne le même sentiment que lorsque j’entre dans une mou9ata3a marocaine.

Si vous n’êtes pas citoyen américain, et vous ne l’êtes probablement pas, vous pouvez signer la pétition adressée au State Department.

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[SONDAGE] Fouad Ali El Himma vs Mohammed Mounir El Majidi : le match !

Souvent homme est confronté dans la vie à des choix très difficiles : Marlboro ou Winston, avec ou sans capote, être ou ne pas être, G8 ou PJD, panini poulet ou bolognaise, Nationale ou autoroute, cravate ou pas cravate, à l’intérieur ou en terrasse, sandwich une fois ou de foie, liker une vidéo de Benkirane ou pas, devenir féministe ou se raser les aisselles, frauder le fisc ou ne pas payer ses impôts, mater de derrière de cette jolie demoiselle ou ses boobz (la réponse B), iPhone ou Android, et enfin, Céline ou Marquez. Cette liste est, bien entendu, exhaustive.

Or chers lecteurs, le choix que je vous demande aujourd’hui de faire est bien plus subtil et délicat : il faudrait choisir l’homme que vous détestez le plus au monde. Car si certains personnages ne suscitent chez les humains pas trop cons qu’un mépris vulgaire – je pense notamment à Claude Guéant, Marc Levy, Paulo Coelho, Moncef Belkhayat et Bill O’Reilly – d’autres provoquent en nous une haine sans commune mesure, infinie, donc presque incomparable.

The King ('s friends) of fighters

Lequel vous est le plus insupportable ? Celui qui a ruiné l’économie de ce pays ou celui qui a saboté ses partis politiques ? Celui qui gère Siger ou celui qui a créé le PAM ? Celui qui se croit tout permis ou celui qui se croit tout permis ? L’ami du roi ou l’ami du roi ? Celui qui vous appauvrit ou celui qui vous prend pour des cons ? La décision n’est pas facile à prendre, je vous le concède, mais elle est nécessaire.

Nota -1 : je remercie la jeune pucelle qui m’a suggéré cette idée au détour d’une chaste étreinte et qui se reconnaîtra.

Nota – 2 : Si vous souhaitez partager ce sondage sans la digression introductive, utilisez ce lien http://poll.fm/3f5d0 

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Victoire du PJD : les explications lucides de Tahar Ben Jelloun

Lorsque Tahar Ben Jelloun quitte les bas-fonds de la littérature le temps de sombrer dans l’analyse politique, la pertinence et la justesse de ses propos sanglants font frémir toute l’intelligentsia bienpensante glutineuse et aveuglée par le résultat d’un scrutin auquel n’importe qui était invité : analphabètes, Moncef Belkhayat, ouvrières des usines de textiles, habitants des bidonvilles porteurs de maladies et de saleté, jeunes filles voilées et tant d’autres citoyens redondants … Quelle crédibilité, quelle légitimité peut-on concéder à des élections qui donnent le même poids à une voix intelligente, comme celle Fouad Laroui, qu’à des vulgaires vendeurs de cigarettes au détail ? Une fan de Twilight, jupe courte et décolleté (un mariage de goût douteux que tout homme raisonnable ne manquera pas de pardonner en ces temps graves d’islamisme faussement modéré), c’est-à-dire, une femme moderne, n’est-elle pas plus mieux placée pour décider de l’avenir du pays qu’une honnête femme au foyer, cachant son inconscience derrière un foulard islamique ?

Ainsi, quand l’éditorialiste epsilon se réjouit de la victoire des islamistes, y voyant d’abord l’échec de Fouad Ali El Himma et de la longue tradition du parlementarisme de l’administration, Tahar Ben Jelloun, lui, va au fond des choses pour y déceler les raisons d’un raz-de-marée pileux qui ne va pas tarder à emporter dans ses sillages les fondements d’une démocratie vieille de 50 ans en empêchant nos femmes de porter des strings. Exit les explications vulgaires par leur trivialité, selon lesquelles cette victoire est le résultat d’un travail politique et social qui a débuté aux années quatre-vingt. Qu’importe le désespoir de l’élite francophone elle-même qui en a plus que marre de la corruption, du clientélisme et des privilèges économiques et politiques de quelques chanceux. C’est d’ailleurs tout le contraire, car les islamistes marocains risquent de bloquer l’évolution de ce pays où le fléau de la corruption, où la précarité et les inégalités sont de plus en plus intolérables nous dit-il.

Le succès du PJD, et Monsieur Ben Jelloun a eu l’extrême bonté de nous le faire savoir est insidieux, fourbe et donc antidémocratique : il ne tient qu’à la conjugaison illégitime des techniques de communication modernes avec le politique et le religieux. D’ailleurs l’existence d’un compte twitter du PJD confirme les propos du poète : plus d’un million de marocains ont été comme ensorcelés, faibles d’esprits qu’ils sont, par les tweets d’un militant islamiste honteusement caché derrière son écran. Quelles méthodes de voyous ! Quels truands politiques !

Or le Maroc a toujours été laïque, nous apprend Maître Ben Jelloun, et jamais politique ne s’est permise de fricoter bassement avec la religion comme le prouvent par exemple l’article 222 du code pénal marocain, ou l’article 19 de l’ancienne constitution. Jamais, ô jamais, Hassan II ne s’est permis un acte politique en vertu de son statut de Commandant des Croyants , et jamais prêche du vendredi ne fut consacré à l’appel au vote positif lors d’un référendum.

Nous savons d’ailleurs tous que ce mariage contre-nature, politico-religieux, a été inventé par Abdillah Benkirane alors qu’il entamait une génuflexion ratée pendant la prière de midi. Et Tahar Ben Jelloun, toute honte ingurgitée, s’autorise à réécrire une Histoire têtue qui a eu l’outrecuidance de ne pas adhérer à sa percutante analyse. Il en va ainsi de tous les grands intellectuels de ce monde : ils commencent par émettre une idée ou un jugement, puis, forts de leur notoriété et de leur crédibilité parmi le lectorat de Marc Levy, ils obligent les éléments objectifs à s’altérer pour correspondre à leur pensée.

Mais maintenant que Tahar Ben Jelloun a bien expliqué le triomphe des barbus en quelques phrases, tant les mots de l’écrivain sont remplis de sens et enduits de raison huileuse, les lecteurs du Monde vont maintenant connaitre les dangers encourus par tous les modernistes de ce pays. Cela commence par un prêche moralisant dont la religion islamiste détient le monopole contrairement à l’Eglise catholique par exemple. Soudain, au détour d’une prière, alors que les citoyens ont été drogués par tant de morale, fusent les fatwas liberticides et les appels aux jihad. Avez-vous maintenant la chair de poule ? Non ? Eh bien, relisez, bande de cons.

Mais tout cela, chers concitoyens, n’est finalement que le résultat logique de la politique d’arabisation, à qui on a attribué tous les maux, hormis le plus dangereux : l’islamisation latente de la société. D’ailleurs, l’arabe n’est-il point intrinsèquement islamiste ? La langue de Sayed Qotb ne porte-elle pas en ses entrailles le fondement même de la régression ? Tout le monde sait parfaitement que Nietzche n’est pas enseigné en philo au Maroc, et que d’ailleurs Nietzche n’a jamais été traduit en arabe.

Il y a encore tant à dire sur l’analyse lucide, structurée et véridique de notre héros national. Et même si Tahar Ben Jelloun a eu la brillante idée de la rédiger dans un style collégien pour qu’il puisse être compris des plus jeunes, elle n’en reste pas moins inaccessible à la plupart des esprits sclérosés par le martelage du discours religieux du PJD. J’entends même certains inconscients dire que le roi n’a cédé de son pouvoir que les miettes, et que l’action des islamistes sera toujours conditionnée par l’aval du monarque. M. Ben Jelloun dédaigne répondre à cela, car il ne voudrait pas leur infliger le châtiment du ridicule.

Je ne puis conclure sans attirer l’attention du lecteur sur le courage de TBJ, un homme de principes et un militant de la plume au visage dur. Brave homme avant d’être un esthète du verbe, il ne peut s’empêcher de souligner les dérives antidémocratiques du makhzen lorsque celles-ci existent, c’est-à-dire jamais.

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Vae victis !

Lorsque l’Alliance des Opportunistes, plus connue sous le sigle G8, était donnée gagnante des législatives du 25 novembre, une horde de péripatéticiennes politiques de tous bords – éditorialistes, artistes, blogueurs etc…  - se sont rués vers le RNI pour s’assurer une petite place sous le soleil de FAEH qui n’allait pas tarder à irradier notre beau pays de médiocrité, de corruption et de clientélisme. Tous ont cru faire un bon pari, selon la logique qui voudrait que l’on se mette sous la protection des puissants – quitte à y laisser son slip – plutôt que de rejoindre les partis qui correspondent le mieux aux convictions politiques de chacun.

Du jour au lendemain, l’on s’est retrouvé obligés de souffrir un discours entièrement conçu dans des agences de com’, qui avaient pour mission de débarrasser les partis de l’administration de leur passé dégueulasse, selon une stratégie en trois axes :

1 – Le RNI n’existait pas avant :

La campagne de communication du RNI ne concernait de son histoire que les quatre dernières années. En déplaçant le débat vers son bilan positif, le parti de Mezouar évitait de répondre de ses actes qui remontent depuis sa création par le Makhzen aux années 70. Ainsi, pendant des semaines, nous avons appris grâce aux explications bienveillantes des militants intérimaires que le bilan du RNI au gouvernement est plus que satisfaisant, que le seul danger encouru par notre pays est le danger islamiste, que le projet du G8 est celui de la modernité, de la démocratie et du développement économique.

Cette stratégie était d’une grande stupidité : car ce bilan a beau être embelli, enjolivé par tous les marketteurs du monde, il n’en reste pas moins catastrophique et aucun clip de campagne n’est capable d’altérer à ce point la réalité. Le RNI, qui est au gouvernement avant même que votre serviteur n’ait eu l’occasion de patauger maussadement dans le ventre de sa génitrice a tenté de nous faire croire, défiant arrogamment nos sens et les chiffres du HCP, que hamdoullah ça va, le Maroc s’en sort à merveille merci de vous inquiéter, et qu’il suffit de faire un tour sur le site Makassib pour se sentir moins pauvre, moins analphabète, moins malade, moins corrompu, moins chômeur et moins honteux d’appartenir à une Nation qui n’a réalisé d’exploits que celui d’augmenter le nombre de ses analphabètes depuis l’indépendance.

2 – S’ériger en défenseurs des libertés individuelles :

Dépourvu de toute substance, le RNI ou le PAM ne peut exister que par opposition à une autre entité plus consistante. Hier les traîtres de la Nation, aujourd’hui les barbus qui en veulent à ma bière, le RNI a cru que les marocains sont à ce point sots de se laisser avoir par l’agitation d’un spectre islamiste, alors que la makhzen n’a cessé de détruire la gauche progressiste par tous les moyens. Le comble de la bassesse était la publication par le PAM d’un argumentaire ridicule, répétitif, pour convaincre les gens de ne pas voter PJD et dont voici un extrait :

17. Comme ses alter ego Frères musulmans, le PJD a des conceptions sociales rétrogrades

18. Des tendances influentes du PJD voient d’un mauvais oeil l’accession des femmes à des postes de décision dans la fonction publique

19. Certains au PJD voient la ségrégation des genres d’un bon oeil, danger pour la mixité dans les lieux publics

20. Le PJD va retirer les financements d’associations socio-culturelles par dogmatisme idéologico-religieux

21. Le PJD a des réflexes réactionnaires profonds qui se traduiraient concrètement s’il parvenait au pouvoir

22. Le PJD stigmatise la jeunesse, ses comportements, ses codes vestimentaires, sa musique, ses modes d’expression

23. Le PJD renforcera la censure artistique et intellectuelle, notamment sur la production cinématographique

25. Le PJD debout devant le ministère de l’intérieur mais couché devant les cheikh Qaradawi, Raïssouni & co / sousinfluence

3 – Mettre en avant des têtes-à-claques :

Pour éviter un vote sanction des jeunes (qui ne votent pas – au passage) pendant cette campagne électorale qui restera dans les an[n]ales de certains, le RNI/PAM a mis en œuvre un leurre qu’on pensait efficace. Ainsi, des jeunes rigolos, médiocres, bêtes, emblèmes d’une nouvelle classe moyenne de lâches, ont été recrutés à la pelle et mis en avant pour symboliser le renouveau, la rupture avec le passé et incarner je ne sais quelle modernité promue comme l’unique voie du Salut.

Mais voyez-vous, quelques soient les moyens du RNI, il ne peut attirer des jeunes cadres que les plus médiocres, les plus malléables, les plus opportunistes. Ensuite, on a martelé pendant un bon bout de temps que le RNI met en valeur ses jeunes, et l’on a cru que les likes recueillis sur la page facebook de Moncef Belkhayat étaient un gage de sa popularité. Je n’oublierai jamais l’humiliation d’avoir été représenté, en tant que jeune, par les mêmes têtes à claques qui léchaient les orteils des professeurs au lycée. Croyez-vous  qu’un citoyen intègre, sincère, compétent, se laisserait aller à croire en cette mascarade à deux balles ? Ce serait prendre les gens pour des cons. Et les gens n’aiment généralement pas être pris pour des cons.

Et pour couronner le tout on entend le même Belkhayat expliquer sur une radio marocaine qu’il n’y avait aucun problème d’insécurité dans nos villes. Le même, cette fois improvisé constitutionnaliste le temps d’une connerie, estimait que la dilapidation des deniers publics est un droit constitutionnel. Voilà le type d’hurluberlus mis en avant par le RNI. Voilà l’archétype politique que l’on a donné à nos jeunes compatriotes pendant des mois.

Fédération des loosers

Tout cela ne devait être qu’un artifice pour gagner les voix que les notables ne réussiraient pas à acheter. Dans l’esprit des héritiers de Basri, ils devaient assurer une victoire incontestable au G8, les recettes d’antan n’ayant aucune raison de ne plus fonctionner.

Mais maintenant que la grande OPA de FAEH a échoué, que faire d’un Salah El Ouadie ? Que faire d’une Khadija Rouissi ? Que faire de tous ceux qui ont longtemps brandi leur passé militant pour mieux se vendre au plus offrant ? Que faire des petits rigolos, jeunes cadres dynamiques, qui voulaient pénétrer le champ politique par derrière ? Les ignorer, les laisser succomber à l’humiliation d’avoir retourné leur veste pour rien semble être un bon châtiment. Nous risquons de les entendre beugler pendant les cinq années à venir, au milieu de la moquerie générale, ou de l’indifférence totale.

Malheureusement le prix à payer pour se débarrasser de ces appendices était l’élection de la branche à peu près sortable du MUR. Ainsi soit-il.

Gloria victoribus !

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[Concours] Votez pour la meilleure vidéo de campagne de boycott

[UPDATE] le CJDM a été fixé sur sa consigne de vote et son choix de la meilleure vidéo pour l’instant:

Nul besoin de le préciser, ce billet n’est pas un appel au boycott des élections. Comment osez appeler au boycott alors que le CJDM est en train de plancher sur sa consigne de vote, ce qui a généré d’ailleurs quelques conflits internes est une scission mineure au sein de Takhouar: nos ex membres hard-core sont désormais joignables directement sur leur Twiteur, reconnaissables à leur CV de plusieurs lignes glissé dans la bio sinon à leur photo de profil répondant au normes les plus exigeantes de Photomaton et des standards du format passeport. (liste du courant radical ayant quitté Takhouar, filtrez par bio et photo de profil)

Revenons donc au sujet de ce billet: le concours de la meilleure vidéo de campagne.

Dans une démarche constructive le CJDM avait opté pour un concours portant sur les campagnes orientant l’auditeur vers les urnes. Force est malheureusement de constater que le contenu dans ce volet est encore faible. En attendant, on vous offre la partie 1 du concours, qui portera sur les meilleures vidéo de campagne de boycott. Concours donc de nature purement multimédia et non-idéologique.

Laissez s’exprimer le Mehdi Benkirane qui sommeil en vous:

Salut Tout le Monde, Salut Youtube, Salut les D’jeunz qui regardent la radio  هيت !

Lala AÎcha, La Marine(البحرية), pas la Comptesse(قنديشة):

Appelez là ! elle vous entendra

La première fois, Ôde au dépucelage:

Rappelez vous de Hajja Hamdaouia

Doucement père Larsen


Le pain est dur (الخبز صعيب), les imbéciles heureux:

Va voter tant que t’y es ! على وقفتك، سير صوت

Orange mécanique:

Bêtisier de Star Trek:

Dans les années trente, un petit écolier du nom de Gene Roddenberry rêvait déjà de “landeuxmille“, ce qui deviendrait après la saga ‘Star Trek’ lancée dans les années 60 bien avant Star Wars, n’était à la base qu’un bêtisier de fin d’année où des têtes disparaissaient pour laisser place à d’autres. Notre parti du Progrès, toujours à l’avant-garde, a remis à jours les drafts de Roddenberry, en prenant le soin d’y introduire des figures nationales et de mettre en couleur le contenu multimédia.

Admirez à la seconde 0:40

Conseils du CJDM:

Fort de son expérience en consulting de réseaux sociaux, le CJDM se permet de faire noter aux auteurs des différentes vidéos que leurs gestion de Tags et leur Search Engine Optimization gagnerait en efficacité afin que Youtube arrête de suggèrer en “vidéo similaire” des vidéos comme: Chaabi Zaman 1960; Le sanglieer domestiqué au Maroc; ou encore un mouton qui tente de se suicider

Je vous parle d’un temps où les moins de vingt ans n’étaient même pas du spermeu…

Face à l’inculture générale, concluons ce billet par une échappée de culture cinématographique. Oui, comme toujours, il y avait tout le temps au Maroc des artistes qui avaient le mérite de faire dans le “think outside of the box”. Monsieur Nabil Lahlou en faisait partie.

Son Film, Le Gouverneur Général de l’île de Chakerbakerbane, est un film à jamais incompris, enfants, on nous le disait fou, on a même laissé passer son film à ‘سينيما الخميس” de Ali Hassan sur la RTM, tellement on se doutait que la génération qui a subit l’école publique volontairement dégradée (génération dont je fait partie) n’allait rien comprendre -ce qui a été vrai- et allait se dire “encore un film marocain pourri”, au mieux, on rigolait avec des jeux de mots à base de “chakerbakerbene”

Pour les jeux de mots, certains se rappelleront par exemple de la finale de coupe du trône Raja-Kawkab où les supporters de la verte chantaient en chœur pour provoquer les Marrakechis dont la ville a accueilli le tournage du film:

الشاكربا كربن،             الم***ي  المخَنّن

(Chakerbakerbene,           M***i le morveux)

M**i étant un Marrakechi bien placé au sérail et en même temps responsable du club de la ville ocre dont on taira le nom.

Quel rapport avec les élections? le film raconte l’histoire d’un brave ouvrier, الغربي الريح, Ouest Le Vent (Lgharbi), 20 ans de service, célibataire, candide et docile, dans une entreprise familiale possédant une imprimerie de presse, le patron est en même temps leader d’un parti politique:

حزب الساعة و السعادة, (Parti de l’Heure et du Bonheur).

Tiens ça rime dans les deux langues

On y trouve un peu de tous les personnages: le journaliste qu’on censure en interne (joué par Mahmoud Migri), la musicienne de service,  fille du Zaîm, elle composera la chanson de campagne du parti

صوتوا على حزب الساعة و السعادة     عمرها ما تنقصكم الزبدة

(Votez pour le Parti de l’Heure et du Bonheur    Vous ne manquerez jamais de Beurre)

Tiens je viens de remarquer que ce salopard de Nabil Lahlou a réussi à mettre des débilités rimant dans les deux langues. À au moins deux reprises donc. Je ne sais pas si c’est prémédité, mais Chapeau !

Les paroles et le titre de la chanson de campagne sont donnés entre un café et une recherche de porte clé par le dauphin et futur beau fils du Zaîm, Ssi Âassar.

Autre personnage intéressant, joué par un Mustapha Miftah encore beau et jeune: le meneur syndicaliste, il était venu une fois parler à Lgharbi pour l’embrigader dans le militantisme, chose que celui-ci va refuser net, en relavant l’hypocrisie du meneur ‘مناضل درّْيح’ (militant pipeau).  Le meneur finira ‘boy’ de campagne du parti, et ré-apparaîtra dans une scène pathétique de mondanité à la villa du Zaïm entrain d’essayer de parlotter français; il dira en titubant:

“Pourvu que ze li zilicteur ne glissent pas à gauche” le pauvre parvenu se rachète tant bien que mal sur son passé de tête brûlée…

La partie tragique du film: Lgharbi est “promu” par Âassar, une promotion humiliante où il sera réduit à tailler des crayons, après avoir déjà fait un premier craquage la veille face à la télévision qui présente une émission nommée “liberté et démocratie”, on y met en scène un ramassis de débilités -occasion pour l’auteur aussi de sensibiliser, en 1980 déjà sur la situation des maocains de l’étranger rapportant tellement mais traîtés comme des figurants- le lendemain Lgharbi lira une dépêche tombant en plein mois d’octobre parlant de la fin de la tyrannie à l’île lointaine de Chakerbakerben et le retour du Gouverneur Légitime, après “خمسين عام من الظلم، و الدكتاتورية، و اللا إلاهية” “cinquante ans d’injustice, de dictature, d’apostasie..”

Il s’agissait en fait d’un “poisson d’Avril arrivant au mois d’Octobre, mais qui tombre normalement au mois de Novembre” postée par le journaliste censuré pour se venger en subtilité d’une précédente censure. Psychologiquement déjà instable, Lgharbi pense que la dépêche annonce son intronisation en tant que Gouverneur de L’Île, commence alors la partie la plus difficile à comprendre du film, tellement la subtilité est poussée à l’extrême pour échapper à la censure du Maroc des années 80 et des discours d’Awbache (racailles). L’intellect moyen se perd à travers les messages subliminaux, et la spéculation laisse place à l’interprétation. Ainsi l’asile psychiatrique où Lgharbi est placé rappel étrangement (par la route qui mène vers lui) le fameux bagne de Kelaat Megouna, le trajet menant à l’asile est tout aussi curieux, on passe par les grandes exploitations agricoles des vallées du Gharb, par les mines de Phosphates ou encore les terres irriguées de Béni Mellal (alors qu’on part de Marrakech pour aller vers le sud…)

Pour les flémars ou les incultes, on se contentera de dire que c’est un film raté.

Pour ma part, le débile voulant juste poster un ridicule concours de vidéo a craqué devant le fan du film de Nabil Lahlou, je m’en excuse.

Extraits du Film de Nabil Lahlou posté par ce dernier à l’occasion des élections:

À vos votes ! et à vos propositions d’autres vidéos !

PS: par souci de neutralité, vous pouvez toujours soumettre vos vidéos pour le concours de la vidéo la plus convaincante pour aller voter. Une vidéo inslutant les gens choisissant d’aller voter pourra par exemple être considérée comme une excellente vidéo en faveur de la participation.

PPS: J’aime pas jouer les fans, mais Monsieur Lahlou, si par un imprévisible hasard vous tombez sur ce billet, toute rectification ou éclaircissement sur ce que je dis de votre film m’honorera. Par ailleurs, les choix musicaux pour le film (composés en partie par Younes Migri sont excellents).

USFP: Merci à @ramhal pour la question initiale ayant inspiré ce billet, à Abdullah.A pour la petite discussion d’hier tard la nuit, et à @Hyperconnard pour le titre de la première vidéo.

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Le football sous le ciel du plus beau pays du monde

DISCLAIMER : Voici un billet que le nouveau stagiaire nous a envoyé. Au vu de la sensibilité du sujet abordé, la lecture de cet article est déconseillée à tous les marocains mâles âgés de 4 à 98 ans.

Pour toutes vos insultes, crachats ou jets de pierres, vous pouvez vous adresser à l’auteur, alamovsky, sur twitter.

A.L.

Les matchs de l’équipe nationale de foot sont donc devenus une énorme machine d’auto -promotion du pouvoir. Le processus est toujours le même, pendant une semaine on nous vend le match comme étant l’événement le plus important du siècle, on nous gave de chants patriotiques et de micro – trottoirs où des quidams plus ou moins connus déclarent leur flamme au mountakhab et leur confiance dans la victoire finale (quelques mots à la gloire de sidna ne sont pas de trop), les billets du match sont vendus au compte goutte de manière à créer un effet de rareté qui donne encore plus l’impression qu’il faut vraiment assister au match à venir, que celui-ci est vraiment spécial.

Une fois dans le stade, la mécanique est bien huilée, arrivée plusieurs heures avant le match, prise d’antenne, les images (toujours les mêmes) présentent un énorme Tifo à la gloire de notre pays (cette fois-ci on a eu droit au lion qui rugit), le réalisateur s’attarde sur des spectateurs soulevant des énormes portraits de la famille royale, l’hymne national est repris par 45,000 personnes la voix chevretante le tout se clôturant par un immense Allah, Al watane, Al Malik. Pendant le match, normalement on écrase l’adversaire, @MoncefBelkhayat tweet plein de trucs géniaux sur le génie du mountakhab, sur son admiration pour notre équipe nationale. Après le match, c’est concert de klaxons dans tous les centres-villes de Oujda à Lagouira, à nouveau des micro-trottoirs de citoyens qui disent à quel point ils sont fiers d’être marocains (en n’oubliant jamais une petite phrase sympa pour sidna…). Tout le monde est content, le pouvoir s’est payé une semaine d’auto-promotion gratos, pro-bono, pendant ce temps là, on ne parle plus d’intikhabat, on oublie la corruption, le chômage, dak les nihistes/stanistes/mangeurs de ramdan dial le 20 fév… Les matchs de l’équipe nationale sont notre « fix » à nous, on se paie une tranche de rêve, on a l’impression d’être l’Allemagne ou l’Espagne… C’est beau !

Cette représentation est tellement « 1er degré » tellement assimilable à de la propagande Brejnévienne, que je me dis que c’est pas possible, que les gens doivent doucement se marrer chez eux, que la ficelle est trop grosse, qu’en face c’est la Tanzanie (100 et xième nation au classement FIFA) qu’il faudrait un scénario abracadbrantesque pour que nous ne qualifions pas.. Eh bien non, les gens sont vraiment en lévitation, j’ai regardé le match avec des gens plutôt critiques avec le système, qui aiment débattre, qui n’ont rien du baltagyste urbain.. Et bien là j’avais l’impression qu’ils étaient habités.. « Wow, c’est le plus beau Tifo jamais réalisé », cris d’énervement contre Boussoufa, hurlement de désespoir à l’encontre de Taarabt.. Heureusement, la Tanzanie ne gâche pas l’opération marketing et se laisse massacrer 3-1..

Les godasses© officielles de l'équipe de Tanzanie (Van Gogh - 1885)

Le match en soi, j’ai même pas envie d’en parler, on gagne 3-1 contre la 100 et xième nation mondiale (qui a dû participer à deux CAN tout au plus dans son Histoire), dans son ensemble al mountakhab est composé de garçons de bonne famille qui touchotent bien le ballon. Benatia est excellent, Taarabt a quelquechose, mais ce que j’ai surtout remarqué, c’est quand la terrible Tanzanie (je mets au défi quiconque de me citer un joueur de cette équipe) a égalisé, comme des petits garçons habitués à ce que son papa ou sa maman les emmène à l’école, on s’est fait pipi dessus pendant 30 minutes, @MoncefBelkhayat s’est arrêté de Tweeter, et encore notre qualification n’était jamais en danger, sinon Chamakh aurait fondu en larmes sur le terrain… Mais heureusement, tout est revenu dans l’ordre, on a marché sur les vilains tanzaniens.. Ouf, l’opération marketing est saine et sauve, Taarabt s’est même jeté dans les bras de Gerets pour l’embrasser sur les dents, on peut continuer à croire qu’en fait nous sommes la nationalmanschaft, et @MoncefBelkhayat peut continuer à tweeter des trucs géniaux tout en klaxonnant joyeusement dans sa A8!!!!!

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